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Histoires vraies, à propos des naufrageurs et des pyramides de la Sauveté de MIMIZAN

Mystères et légendes de Mimizan :quand l'océan raconte le pays



Installez-vous confortablement autour de notre table. Ce soir, oublions un instant les pistes cyclables et le confort du jacuzzi pour laisser entrer le vent d'ouest. Écoutez attentivement... Ce ressac que vous entendez au loin n’est pas un simple bruit de vagues. C'est la voix de la Gascogne. Chez nous, la terre et l'océan ont mille ans d'histoires à vous murmurer, des récits sombres et magiques que j'aime conter à mes hôtes quand la nuit tombe sur les Landes.


Le terrible dicton des marins du Golfe

Bien avant la fixation des dunes par les pins, la côte landaise était une muraille invisible, rectiligne et redoutable. Le littoral était si inhospitalier que les marins qui s'aventuraient dans le Golfe de Gascogne — où l'on pêchait alors la baleine — récitaient une prière en forme de sinistre proverbe :


« Que Dieu nous préserve du chant de la sirène, de la queue de la baleine et du clocher de Mimizan. »


Dans cette trinité des dangers suprêmes, le clocher de notre fière abbaye côtoyait les pires monstres marins ! Pourquoi une telle terreur ? Parce qu'à l'époque, apercevoir le clocher de Mimizan depuis le large n'avait rien de rassurant. Cela signifiait que le navire avait été drossé par les courants bien trop près de la côte. En l'absence de port pour s'abriter, voir ce clocher percer l'horizon présageait, à coup sûr, un naufrage imminent sur les redoutables bancs de sable landais.


La Sirène et les Naufrageurs

Le proverbe fait écho aux mystères de notre océan. Le chant de la sirène, envoûtant et mortel, répondait à une autre menace bien terrestre : les naufrageurs.


La légende raconte que les nuits de grande tempête, des hommes de l'ombre parcouraient la plage sauvage. Pour tromper les navires en détresse, ils attachaient des lanternes aux cornes de leurs vaches. Depuis la mer, ces lueurs oscillantes imitaient les mouvements d'un navire au mouillage, rassurant et stable. Les capitaines s'approchaient pour chercher refuge... et fracassaient leurs navires sur le sable, livrant leurs précieuses cargaisons aux pilleurs.


Entre la force herculéenne de la queue de la baleine qui pouvait faire chavirer les chaloupes et la ruse des hommes à terre, le destin des marins ne tenait qu'à un fil.


L'Abbaye et les Bornes de Sauveté : la terre d'asile

Pourtant, ce clocher si redouté par les marins devenait un symbole de salut absolu dès qu'on posait le pied sur la terre ferme. Pour échapper à la fureur de l'océan, à la misère ou à la cruauté de la justice de l'époque, il existait à Mimizan un refuge sacré : le Prieuré Sainte-Marie de Mimizan.


Au Moyen Âge, ce puissant monastère bénédictin (dont il ne reste aujourd'hui que le majestueux clocher-porche classé à l'UNESCO) offrait le fameux droit d'asile. Pour délimiter ce territoire de paix et de justice ecclésiastique, les moines avaient érigé des bornes monumentales en pierre de garluche : les Bornes de Sauveté.


Selon les archives et les sources historiques, elles étaient au nombre de 6, 7 ou 9 à l'origine. Quiconque franchissait cette frontière sacrée entrait dans la « sauveté » et se trouvait placé sous la responsabilité et la protection directe des moines. Les poursuivants devaient impérativement baisser les armes devant ces géants de pierre.


Partez à la chasse aux bornes pendant vos vacances !

Le temps a passé, mais l'histoire est restée ancrée dans le sol landais. Il en reste désormais 4 à travers la commune, que l'on peut facilement découvrir à l'occasion d'une très jolie balade à pied ou à vélo.


C'est une formidable idée de sortie pour explorer le territoire de vos vacances sous un autre angle ! Pour vous lancer sur leurs traces, c'est très simple : il vous suffit de vous rendre au Musée-Prieuré de Mimizan pour y récupérer un plan explicatif entièrement gratuit.


Venez vibrer au rythme de la Gascogne...


Ketty 

Les Logis d'Argent